dimanche 30 décembre 2012

Christmas

Cette dernière semaine a été marquée par, bien sûr, les fêtes de Noël, pour les chrétiens. Une autre fête importante aux États-Unis, c'est Hanukkah, la fête juive de la lumière. En effet, les juifs constituent une minorité aux États-Unis qui est bien plus importante qu'en Europe (on sait tous plus ou moins pourquoi). En plus de cela, d'autres minorités peuplent le pays, dans la tradition du célèbre Melting Pot américain. C'est pour ça qu'en Amérique, on ne parle pas des vacances de Noël mais de Winter Break, de Holiday Season, l'école organise des Holiday Party... On emploie toute sortes d'expressions neutres pour ménager les sensibilités de chacun. Un euphémisme un peu hypocrite puisqu'on fête de toute façon Noël, en privé mais aussi en public : les ondes radio regorgent pendant un mois et demi de cantiques et chansons de Noël qui tournent en boucle. Jamais entendu une chanson sur Hanukkah ou quelconque rituel hindou...

Bon, eh bien je ravale mes propos, Hanukkah a bel et bien une visibilité ! Certes moindre que Noël mais visible quand même... Quand on cherche Hanukkah sur Google (l'orthographe m'était inconnu), on a droit à cette banderole sympathique :


Et si on va sur Vimeo, la page d'accueil est parée d'un petit chandelier stylisé :


Mais revenons à nos moutons. Noël en Amérique. Il faut dire que grâce à l'avalanche de films de Noël américains qu'on a sur nos chères télévisions européennes, on sait déjà un peu à quoi s'attendre, mais évidemment, la vie n'a rien d'un film et chaque famille a ses traditions et ses règles pour aborder la fête la plus importante du pays. Comme j'ai pu déjà le dire, la venue du Christ-Sauveur est un grand évènement, qui débute dès le souper de Thanksgiving. Tout est paré de mille feux et les cantiques débarquent. Ce 26 décembre, elles ne nous ont pas encore quitté et je pense qu'elle me manqueront quand elles s'effaceront vers le début de janvier. 

Deux ou trois semaines avant Noël, nous avons commencé la décoration de la maison, enfin, petit à petit et surtout David, qui a une passion des décorations. Pas touche à son sapin, son sapin préféré, un arbre de Noël paré aux couleurs danoises, en souvenir d'Andreas, le premier étudiant d'échange qu'ils ont accueilli. L'étoile est d'ailleurs un cadeau des parents, de même que les petits cercles de porcelaine et les coeurs rouges sang, ceux-là même qui figurent fièrement (et comiquement, je trouve) aux côtés des trois lions bleus sur fond jaune du blason danois. Le rouge est la couleur principale du sapin, et je dois dire que ça donne bien mieux que le patchwork multicolore qui recouvre habituellement nos sapins. Et celui, le familial, qui siège dans le salon d'en-bas. Un naturel, celui-là. 





Overview

Comme on peut le voir sur cette dernière photo, les cadeaux étaient en abondance... L'ouverture qui nous prend habituellement dix minutes en Belgique a pris une bonne heure et demi en Amérique ! J'ai reçu une multitude cadeaux, petits et grand, de la barre de chocolat fourrée aux pistaches à la machine à café personnelle. Car oui, je suis un amateur de café, de chocolat et de pistache, chaque cadeau avait une petite référence bien sympathique. J'ai d'ailleurs déjà fini le petit paquet de pistaches, je compte m'attaquer au kilo de bonheur très bientôt, j'ai nommé l'énorme sac de pistache ! De mon côté, j'ai offert plusieurs cadeaux à plusieurs personnes. Une écharpe mauve faite par mamie, des napperons faits par maman et des Mon Chéri à Bonnie (qui en raffole), une écharpe rose pour Linda, une boite de cigares pour Jim et un assortiment de chocolats belges pour leur couple, une autre boite de cigares pour Lance et une boite de chocolat pour pour David, avec un petit verre à Orval et un Atomium pour eux deux, un petit assortiment de chocolats pour Rob et enfin un bon de 25$ sur iTunes pour Ashe. 

L'ouverture des cadeaux

Logan et le sapin danois


Ici, les cadeaux sont ouverts le 25 au matin, par lors du Réveillon de Noël. Ben oui, Santa Claus passe durant la nuit hein... On a donc du se lever bien tôt et attendre Jim et Linda pour déballer nos présents... Avant de déguster ensemble un brunch composé de pancakes au beurre et sirop d'érable, de saucisses et d'une espèce de gratin au fromage et au lardon. Le soir, c'est Linda et Jim qui régalaient avec un repas assez proche de celui de Thanksgiving, très américain : airelles, jambon (au lieu de la dinde), purée de patates douces, maïs, purée, haricots verts. Après ce long repas, on a déballé un jeu et joué. Ça consistait à former deux équipes et à répondre à des sujets : l'équipe A donnait un sujet à l'équipe B auquel cette dernière devait répondre en donnait le plus de mots possible. De son côté, l'équipe A avait une liste de dix mots que l'équipe B devait dire pour engranger des points et avancer le plus possible sur le plateau de jeu. À la fin d'une minute écoulée, l'équipe A faisait le bilan du nombre de mots trouvé, le pion avançait et on interchangeait les rôles.

Le 24 au soir, le Réveillon consistait plus en un office à l'église presbytérienne qu'un réveillon long et gras comme on les fête en Belgique. On y avait déjà été dimanche, pour le dernier dimanche de l'Avent, sauf que cette fois-ci, c'était l'office de minuit, donné à 19h30 (oui). Je dis office, parce que messe, c'est catholique, et là c'était bel et bien une bonne vieille église protestante américaine, un bâtiment qui aurait pu être n'importe quoi d'autre si ce n'est que le plafond était haut et le plan en croix. Alors que l'office du dernier dimanche était plus à propos de chants et de lectures de la Bible, la messe de Noël tournait plus autour de discours du pasteur lui-même sur l'esprit de Noël et les évènements de l'année, dont le massacre de Newtown qui occupait une large place. Vers la fin, on a tous pris des chandelles et chanté des cantiques à leur seule lueur, et durant toute la cérémonie, les chants occupaient toujours une grande place, avec un choeur bien fourni et des fidèles nombreux et de tous âges. Après cet office on est rentré à la maison où Rob, un ami de Lance et de David, nous attendait pour passer Noël. En nous attendant, il regardait How To Train Your Dragon, un film en 3D de qualité. Linda, qui chantait dans le choeur à l'église, est rentrée directement chez elle, fatiguée.

Après le brunch à l'hôtel Victoria
[à suivre]





mercredi 19 décembre 2012

Cultural Food Project

Petit article pour ce projet que j'ai du préparer dans le cadre du cours de Géographie humaine (Human Geography). L'idée de la prof, c'était qu'avant les vacances, on ait quelque chose de divertissant à faire. Ça consiste en une présentation rapide et une dégustation, et même si c'est divertissant c'est côté sur cent. Ce sera un grade comme ils disent ici. Comme son nom l'indique, le Cultural Food Project, ou le projet culinaire culturel, traduisez comme vous voulez, c'est qu'on choisis un pays ou une région du monde et on la présente autour des différents thèmes culturels qu'on a vu en classe : langue, habits, climat, religion, et bien sûr nourriture.

Aujourd'hui, on a eu quelques trucs pas mal et j'ai découvert trois plats. D'abord une fille a présenté rapidement la Grèce et ses beignets au miel et aux noix. C'était délicieux, j'en ai repris deux fois. Mais je connaissais déjà, j'ai reconnu le plat quand je l'ai eu dans mon assiette. Je pense que j'avais déjà mangé ça une fois que j'ai été manger au Gréco à Arlon avec Lisa, Anaïs, Mélanie, et peut-être une autre personne, je ne sais plus très bien. Haha, et la serveuse qui connaissait Lisa et qui a fondue en larme parce que celle-ci ne la reconnaissait pas. Bref.

Second plat, des petits beignets italiens recouverts de sucre impalpable que j'avais déjà goûtés même si encore maintenant je suis incapable de retrouver leur nom. Zapellini ? Quelque chose en Z-. Bon aussi, mais pas aussi croustillant qu'ils auraient dû l'être, mais bon, c'est normal, elle a du les faire hier. Du coup on a eu droit à un petit powerpoint sur l'Italie et la culture italienne en générale. Bon, j'ai fermé ma gueule quand j'ai vu les deux-trois fautes commises, ici ça ne se fait pas trop d'intervenir en classe et elle était hyper gênée. Enfin, mettre du roman du XIIe siècle en style Renaissance il faut le faire.

Après ça... Mmh je pense que c'était au tour du Mexique, présenté bien sûr pas une fille d'origine mexicaine. Je ne suis pas le seul qui reste en zone connue. Ça j'ai découvert, c'était un genre de tortilla enroulé dans une feuille de bananier. J'ai hésiter, comme tout le monde, à la manger avec ou pas... Mais il fallait juste l'ouvrir pour y trouver la pâte, viande et sauce tomate. À manger chaud, heureusement qu'on avait un micro-onde.

Quatrième plat, ce fut un garçon cette fois-ci qui a présenté un plat typiquement irlandais, oui, parce que comme moi et la mexicaine c'est la culture dont il est issu. Aah le melting pot américain... Ça consistait en une omelette aux pommes de terre, avec du ketchup (touche américaine je présume).

Ensuite ce fut au tour d'un autre type qui a lui présenté le bagel. Ça j'ai découvert aussi, mais j'ai moins aimé. Déjà parce qu'il présentait ça comme «un plat autrichien qui a fait son chemin et qui est désormais considéré comme une contribution juive à l'Amérique. C'est donc désormais un plat américain universel». Dieu, et ce sont les mêmes qui cassent du sucre sur le dos des français ? Vraiment ? S'il y a bien quelque chose que j'ai appris ici en plus de l'anglais, c'est la patience... Et puis le plat lui-même était bon, mais il y avait au milieu une crème amère que je n'ai pas aimé, ça puait le chimique. M'enfin, les bagels c'est ordinairement bons et en effet, c'est très populaire aux États-Unis.



Et enfin, en sixième position j'ai pu goûter un plat... iranien. Des brochettes de boeuf avec des poivrons qui portent un nom étrangement proche de kebab. J'en ai repris, c'était bon et j'aime les brochettes. Apparemment ça aurait été inventé pour que les soldats perses puissant manger leur viande sur leurs épées. Ah. Eh bien bon appétit, tant que ce n'est pas un gigot d'ennemi je suis preneur.

Ça c'était pour aujourd'hui.

Vendredi, je présenterai un plat belge (ne cherchons pas midi à quatorze heures), les spéculoos. Ça tombe bien, ma chère maman m'en a justement envoyés pour la fin de l'année. Quelques uns iront donc dans les gosiers de mes chers camarades, avec une petite explication sur cette recette et le pourquoi d'une telle recette dans nos régions. Je sais, ça n'a rien à voir avec ce que j'ai pu faire en Rhéto mais pour ici, c'est déjà beaucoup (je serai que le deuxième, à ma connaissance, à faire un powerpoint et à avoir une présentation qui  dure plus que 60 secondes), et aussi, pardonnez mon néerlandais. Je voulais juste rendre hommage à cette partie de la Belgique aussi, même si je suis sûr que c'est maladroitement mené, haha.


Lucas Michel
AP Human Geography
Professor Coverdale
December 21, 2012
Cultural Food Project: The Speculoos
Region: Belgium (and the Netherlands).
1.      Typical dishes: 
-          Speculoos
-          Fries (often with mayonnaise)
-          Steak-fries
-          Mussels (often with fries)
-          Waterzoid (a kind of fish soup)
-          Waffles
-          Chocolate
-          Sausages
-          Beer

2.      What kind of food they eat and where is it from?
The food is very diverse. It is based on the sea products in the north (Waterzoid and mussels) although the southern cuisine is close to the continental cuisine, including meat, vegetables and a sauce. The food also profits of the global trade by using chocolate as one of the finest specialty or making Speculoos with species. All over the country, beer is also an important product highly valued (the drink age for beer is 16), and produced in huge quantities for the foreign markets. 

3.      How do they prepare this food?
Mostly flour, sugar, butter, cinnamon, and 15 minutes for cooking.

4.      How does this food represent characteristics of the culture?
-          This food shows an important religious interest, especially for the winter holidays like Christmas and Saint Nicholas. They're traditionally Christians Roman Catholics and still celebrate old traditions. 
-          The language show a mix of influences, because speculoos comes from a Latin word "speculus" (mirror) or "speculator" (bishop) but has became a Germanic word that the Latin people took back as its Germanic form. 
-          The popular culture changed that old holiday dish in the way that you can find some speculoos overseas and they're industrially made in high quantities. The holiday itself has became very commercial, just like Christmas in America, and still is a huge event. Besides that, the fact that this dish has been possible shows that this region is very open to the world trade since the Middle Age, because the main ingredients are from the Middle East of even Asia.
-          That dish also show the taste of the Belgians and the Dutch for the spices and the exotic products imported from a long-distance trade.
-          Ideas/beliefs: Christian beliefs.
-          Eating style/utensils: hands, those are biscuits.

5.      Slides:
-          Speculoos
-          Fries with mayonnaise
-          Steak-fries
-          Mussels
-          Waterzoid
-          Waffles
-          Chocolate
-          Sausages
-          Beer

-          Belgian coast
-          Ardennes or the Meuse Valley
-          Port of Anvers
-          Orval

-          Ingredients

-          Saint Nicholas
-          Map
-          Presents
-          Liege
-          Sea Trade Map
-          Boats
-          Churches



























Voilà mon powerpoint de 25 pages. J'espère que ça ne sera pas trop.

mardi 18 décembre 2012

Newtown, CT

Comme toute la planète le sais, il y a eu un horrible carnage vendredi dernier. Ça s'est passé dans une école élémentaire, soit une école maternelle, à Newtown (Neuville ?), Connecticut, juste au nord de Long Island, la grand île sur laquelle se trouve une bonne partie de New York City. Un tireur fou a donc pénétré dans l'école et a froidement assassiné des enfants ayant à peine huit ou neuf ans, leurs professeurs, une infirmière et le principal, si mes souvenirs sont bons. Cet évènement a relancé le débat sur la régulation et la possession d'armes aux États-Unis, une promesse de campagne d'Obama. Le président étant lui-même père de deux adolescentes a eu la larme à l'oeil lors de son discours en réaction à la tuerie.

Vu d'Europe, cet horrible évènement n'est que le suivant sur une liste d'horribles et fréquents crimes de la sorte commis aux États-Unis. Les auteurs sont souvent voire toujours des fous furieux, solitaires, isolés, au passé trouble et à la situation compliquée. Que ce soit dans un cinéma, un temple Sikh ou une école maternelle, ils sortent leurs guns et tirent à tout va. Il y aurait plusieurs raisons à cela. Est-ce la régulation des armes, le traitement des malades mentaux ou la glorification de la violence qu'il faut pointer du doigt ? Tout ça à la fois ? Je n'en sais probablement rien mais en quatre mois ici dans le Delaware, j'ai eu l'occasion d'en apprendre plus sur ce  pays qui a tant souffert de tarés armés. Vu d'Europe, ce nouvel évènement à placer au bas de cette longue liste peut faire penser que les États-Unis sont un pays violent, dangereux, voire arriéré. Et tant pis si on bute des lycéens en Norvège ou à Toulouse.

Vu des États-Unis, évidemment, c'est tout différent, et la culture américaine au niveau des armes prend tout son sens. Comme j'ai pu l'entendre aujourd'hui même en classe, «Les armes font partie de la culture américaine», et c'est tout à fait vrai, évidemment, et les armes font aussi partie de la culture européenne, française, allemande, polonaise, peu importe, mais c'est le rapport aux armes qui ici change énormément. Et ce que cet élève a voulu dire, c'est qu'ici, aux États-Unis, les armes sont importantes et très présentes. Il y en aurait plus de trois-cent millions en circulation, soit près d'une arme pour chaque citoyen. Alors qu'en Europe, les armes font partie d'un monde presque parallèle, répugnant et sous-développé, souvent associé consciemment ou pas avec les horribles guerres qui ont ravagé notre beau continent, ici en Amérique, les armes sont considérées par la plupart comme un garant matériel de la liberté chèrement acquise par la force même des armes. Comme je l'expliquais sur facebook ce weekend, sans en faire un éloge ou une critique, les armes ici sont vues différemment, je me répète : «Petite clarification à propos des américains et de leur rapport aux armes : il faut savoir que si la garantie du port d'arme arrive en second amendement, dans la constitution, juste après la garantie de liberté d'expression, c'est bien qu'il y a une raison. Il faut se replacer dans le contexte historique. À cette époque (fin du XVIIIe siècle), en Europe, seuls les armées et les représentants de la loi possédaient des armes. Les civils en étaient pour la plupart dépourvus, de même que du droit à la propriété privée et aux droits individuels, comme ils disent ici. Pour les américains, c'était donc et reste encore un droit très important qui marque l'idée de liberté vis-à-vis de l'État. Libre entreprise, libre propriété... Et port d'arme pour la défendre. Symboliquement, ça marque le fait que il n'y a pas que l'armée qui a la "puissance de feu", ce qui renforce encore cette idée de liberté. Et puis, dans l'ouest sauvage, il fallait bien se défendre contre les amérindiens et les voleurs. En Europe, on a rien de tout ça dans les bases de nos nations et de nos cultures. Une histoire bien différente... »

En résumé, pour les américains, les armes, c'est la liberté de pouvoir se défendre et la fierté de posséder leur propre terre. La peur d'être attaqué, c'est au centre de la culture américaine. La sécurité est leur seconde préoccupation, si pas la première depuis le 11 septembre, la liberté passant parfois, voire souvent, au second plan. On l'observe à travers l'histoire. Être attaqué, pour eux, c'est marquant : Pearl Harbor, le 11 septembre. Les guerres sont toujours lancées pour "protéger la liberté américaine", et quand il n'y a pas de menace, on en invente : je veux parler de l'Iraq. Par ici, j'entends les gens me dirent que leurs soldats défendent l'Amérique... En Iran, en Afghanistan ? Quelle est la menace imminente ? Où sont les bases américaines sur la planète, qui attaque, qui se défend ? Que ça ne tourne pas au débat, mais toute les actions américaines ou presque sont basées sur la prévention et la sécurité, et même quand on attaque on ne fait que défendre ses acquis durement obtenus. Le peuple lui-même est maintenu par la peur, du terrorisme, surtout. Ronald Reagan lui-même, ancien président (républicain) a bien dit que «l'État n'est là que pour protéger les citoyens, pas pour régir leur vie». Une pensée bien républicaine, ultra-libérale, et américaine. Ce sont tant de divergences qui d'ailleurs rendent l'Europe si sociale et communautaire alors que les USA sont le pays le plus individualiste de la planète (classé 91 sur un indice de 100, par comparaison la France et la Belgique sont quelque part entre 60 et 70 si je me souviens bien).

Qu'on y voie pas un jugement de valeur, ce n'est que ce que j'ai pu apprendre, par AFS, ma famille d'accueil ou moi-même, et qui sait ce que j'approuve ou pas dans ce que j'écris comme autant de faits et observations.

Après avoir soupé, je viens de me rendre compte qu'au lieu de parler de ma journée j'ai fais une petite dissertation sur les armes aux États-Unis et la mentalité américaine en bref. Mentalité qui a du bon et du mauvais, je m'efforce de voir ça d'un oeil qui s'impose à ma situation : ouvert et objectif malgré ce que je sais et ce que je value, comme ils disent très exactement.

Ma journée, donc ! Le massacre de Newtown a secoué le pays, c'est certain. Un abruti a même sonné à l'église de la même ville en disant qu'il allait faire pareil pendant un office, Obama a enchaîné les déclarations et le débat s'enflamme. Au sein du comté du Sussex, où je vis, le district de Cap Henlopen (Cape Henlopen School District) a publié une circulaire émise par le super-intendant à destination des parents. Puisque mon appareil photo est à plat, je vais juste la recopier en traduisant, ça me fera un petit exercice :

« Le 17 décembre 2012

Cher parents/tuteurs,

La tragédie qui a frappé Newtown, CT ce vendredi nous a tous surpris et bouleversés. Nos pensées et nos prières vont à tous les élèves, familles et employés qui ont été directement touchés par cet acte de violence insensé.

Le district scolaire de Cap Henlopen continue de garder comme priorité absolue la sécurité de tous les élèves de ses établissements [le district couvre différentes écoles]. Durant ces dernières années, nous avons énormément amélioré la sûreté à l'école ainsi que nos mesures de sécurité, incluant le placement de caméras de surveillance, de moniteurs et de systèmes de contrôle d'accès. 
Nous maintenons continuellement la sécurité de nos établissements et mettons à jour nos procédures d'urgence régulièrement. À la lumière des récents évènements, nous avons encore une fois revu nos plans avec nos équipes éducatives afin d'assurer la sûreté et le bien-être de tous nos étudiants et employés. 

S'il vous plaît, sachez que nos écoles ont des travailleurs sociaux [service d'aide sociale], des conseillers et/ou des psychologues disponibles comme ressource pour l'aide à nos étudiants ou employés devant faire face à des problèmes reliés à des difficultés dans leur vie ou à des évènements tragiques étant difficiles à comprendre et/ou à gérer. Chaque bureau scolaire peut aider à arranger quelque support que ce soit pour vous et/ou votre enfant. Le site internet des Conseillers Éducatifs Américains [American School Counselors] de même bien des conseils pour les parents qui pourraient être utiles (www.schoolcounselor.org).

En tant que super-intendant du district scolaire de Cap Henlopen, de parents de quatre élèves inscrit dans ce même district et en tant que membre de notre communauté, je veux que nos étudiants puissent être aussi en sécurité que possible chaque et tous les jours. Je veux que vous sachiez que nous nous soucions de nos tous nos enfants comme s'ils étaient les nôtres. 

Sincèrement,

[signature] 
X
Super-intendant»

Dans la pratique, comme le super-intendant le dit dans sa lettre, on a eu droit à quelques petits exercices, cet après-midi. Ils en ont profité pour revoir la procédure d'alerte-incendie pour la troisième fois en quatre mois, d'ailleurs. Tout d'abord, Mr Walls, notre prof d'Histoire Européenne, nous a fait un petit speech sur la sécurité en classe qui a vite tourné à la blague, à son grand désarroi. C'est ce qui arrive quand on propose sérieusement de ramener une échelle dans la classe pour pouvoir s'échapper par les fenêtres situées au premier étage. Mais on a eu droit à des explications plus réalistes. Low Level, les étudiants et professeurs restent en classe et le cours se poursuit normalement. Quelques minutes après, à ma surprise, une annonce a été faite au haut-parleur de la classe (si si comme dans les films) disant que ce n'était qu'un exercice (il a bien précisé deux fois de peur qu'une panique s'empare des 1.400 élèves) mais que l'école passait en phase d'alerte de faible niveau et donnait les instructions : le cours se poursuit normalement mais les élèves ne restent pas dans les couloirs et doivent rentrer dans la classe la plus proche.

Après quelques minutes, l'exercice est passé en alerte élevée, c'est-à-dire que les portes devaient être verrouillées, les rideaux tirés (il y a des rideaux au portes), les lumières éteintes et les élèves réfugiés à terre dans le coin le moins accessible depuis la porte. Petite pause dans les ténèbres entre deux inventeurs anglais ça ne fait jamais de mal, surtout quand ils sont anglais et inventeurs. Pensant que tout était fini, nous avons regagné nos places pour quelques secondes avant que l'alarme anti-incendie cette fois se mette en marche, qu'on ne ferme les portes coupe-feu et qu'on descendent tous dans un joyeux brouhaha de l'étudiant qui n'a pas cours dans l'herbe fraîche de la cour extérieure. Il faisait bon, pour un mois de décembre, on se serait cru en octobre. Ça fait deux mois que je me sens en octobre, quand est-ce que l'hiver arrive ? Même en Pennsylvanie il ne va neiger qu'à partir de ce weekend ! Mais je m'égare. Un élève manquait à l'appel, mais puisque je ne l'aime pas je me suis fais un plaisir à montrer mon ironie. «Oh, x est mort ? Zut !». Lui-même étant un fervent adepte de la discipline militaire, le prof s'est fait un plaisir (et le mien) de lui rappeler que s'il voulait faire quelque chose à l'armée, il devait suivre des ordres simples (comme rester avec le groupe) et que c'était mal parti. Ce fut amusant.

En revenant à la maison, j'ai mangé une canne à sucre et j'ai dormi dans le bus avant de manger les délicieux spéculoos que ma chère et tendre maman m'a fait parvenir. Ce fut une bonne journée.

vendredi 7 décembre 2012

Alien Report

Voici un travail que j'ai du faire pour Géographie Humaine dans le cadre d'un cours sur la culture et la manière dont on peut voir les différentes cultures. Évidemment, pour moi, c'est de l'or en barres... Le sujet :"Vous êtes un extraterrestre en visite aux États-Unis. Comment décrivez-vous, dans un rapport à votre supérieur, le déroulement du 4 juillet [Independence Day], Halloween et Thanksgiving ?" Voici la version française :


Compte-rendu extraterrestre

Salut, chef.

Vous m'avez envoyé dans cet étrange pays pour étudier le comportement humain, donc voici mon compte-rendu. Pendant plusieurs mois, j'ai observé deux traditions. Je n'ai pas pu voir la troisième, mon vaisseau spatial a eu des problèmes entre Jupiter et la Ceinture de Kuiper. 

À la fin du mois d'octobre, quand les feuilles tombes et que les jours raccourcissent, le peuple des États-Unis célèbre une étrange tradition appelée Halloween, qui veut dire la veillée de la Toussaint. Pendant la fin de cette journée, ils célèbrent la mort et autres choses dégoûtantes. Pour cette occasion, la famille se divise en deux groupes : les parents restent à la maison, probablement apeurés, et ils envoient leurs enfants dans les ténèbres de la nuit à la recherche de nourriture sucrée. Pour se protéger eux-mêmes des monstres imaginaires et pour effrayer leurs victimes afin de les rendre plus coopératives, les enfants se déguisent en monstres à l'aide de longues dents, de perruques, de balais et de maquillage. Pendant cette soirée, les enfants marchent en groupe (c'est plus sûr) de maison en maison avec leurs sacs, utilisés pour transporter autant de nourriture que possible. À chaque maison, ils frappent à la porte et menacent les propriétaires pour recevoir de la nourriture. Souvent, cela rend le propriétaire si effrayé qu'il montre ses dents (ils appellent ça un sourire) pendant qu'il donne son sucre. Je suis sûr que cela n'arriverait pas si les enfants étaient habillés normalement pendant un jour normal. La seule explication possible est que les parents apeurés pensent que les enfants sont de véritables monstres (ce qui est quelques fois vrai). À la fin de la nuit, tous les enfants sont de retour dans leur foyer et partagent leur butin avec leurs parents apeurés (ceux-là même qui étaient effrayés par les autres enfants déguisés) qui sont pour la plupart restés dans leur salon qu'ils ont sali pour l'occasion avec des toiles d'araignée et des légumes sculptés. Ils voulaient probablement tromper les monstres imaginaires en leur faisant croire qu'il ne s'agissait pas d'une maison humaine.

Plus tard dans l'année, ces mêmes gens se réunissent autour d'une table. Chaque famille ou communauté a la sienne. Ils décorent leurs maisons avec des couleurs brunes et oranges, et se réunissent pour la journée pour manger et montrer qu'ils sont reconnaissants pour un dieu, leurs ancêtres et un peuple antique qui vivait là avant qu'ils ne prennent la place (probablement en les tuant). Peut-être sont-ils reconnaissants envers eux pour être morts. Pour cette célébration, ils ont un repas plus long que d'habitude, avec des assiettes spéciales et des couverts spéciaux pour manger des mets spéciaux, souvent bruns et amers. Avec leurs familles, ils mangent un oiseau spécial appelé "dinde", lequel est le met le plus important du repas. Ils décorent d'ailleurs leurs maisons avec des fausses dindes qui semblent heureuses de se faire manger le jour même. Pendant le repas, ils parlent et boivent de l'alcool (occasion très spéciale, habituellement cela est réservé aux pauvres et aux pécheurs). Après le repas, ils quittent leur hôte en laissant toute la vaisselle.

Pendant ces deux fêtes, j'ai observé la culture américaine et les choses étranges que les gens font pour l'occasion. Je dirais que ces gens adorent manger, parfois ensemble mais le plus souvent séparés. Quand ils veulent du sucre, ils envoient leurs propres enfants dans les ténèbres pour en récolter en escroquant les voisins. Ils se fichent probablement de leurs voisins et de leurs enfants mais accordent beaucoup d'importance au sucre et à la dinde. Ils sont aussi superstitieux à propos de monstres imaginaires et semblent avoir peur du noir. Ils sont proches de leur famille, mais seulement pour des occasions spéciales comme manger un repas amer et remercier un dieu et quelques personnes décédées. 

C'est à peu près tout, chef.
Mon prochain compte-rendu pour la naissance de leur prophète et le premier jour de leur calendrier.

Christmas Parades

Cette semaine a été rythmée par les parades de Noël se donnant un peu partout dans la région du Sussex County, à l'extrême sud du Delaware. À l'occasion de la naissance du christ, les Chamber of Commerce* des différentes villes du comté et plus généralement du pays organisent des parades, dont celle de Noël. Il va de soit que le but est principalement commercial, mais c'est aussi l'occasion d'un évènement social et divertissant où les différentes représentations usent d'intelligence et de créativité pour défiler avec les plus beau, le plus original, le plus magique des chars. Cela comprend les organisations, particuliers, écoles, entreprises, l'armée, les commerces et autres se retrouvent sur l'artère principale de la ville pour parader le temps d'une soirée avec des chars recherchés, d'autres pas. Parfois, ils sont jugés et les vainqueurs reçoivent... Je sais pas.


Les vieilles maisons


Ce mardi, en rentrant de l'école on a directement été à la parade de Rehoboth Beach où Lance défilait avec sa troupe de théâtre. Pour rappel, il joue Bob Cratchit dans la célèbre oeuvre de Charles Dickens "A Christmas Carol" (Un chant de Noël). On ne voyait pas bien à cause des voitures rangées sur le côté de la route (il y a eu des plaintes) et mon appareil photo a vraiment fait de la merde. Les photos par luminosité faible, ça ne le fait vraiment pas. Il y avait un peu de tout. Le JROTC** de Cape ouvert la parade, puis beaucoup de camions de pompiers et de secours nationaux avec de superbes véhicules, anciens, voire très anciens, ou modernes. Ils étaient souvent suivis par des ambulances, et chaque circonscription était représentée. Il y avait quelques particuliers avec de superbes voitures anciennes, des entreprises et oeuvres caritatives avec leurs chars illuminés, parfois représentant une crèche ou portant des enfants. Le père Noël et la troupe de Cape clôturait la parade !


Les décorations sur la digue (dolphin)

Seahorse

penguin


Pendant la parade, je me baladais un peu sur le trottoir quand je vis... une pita. Aussi étrange que cela puisse paraître, ça m'a rappelé la Belgique et ces temps de midi où je mangeais un bon vieux durum. C'est donc avec un grand sourire que je suis entré pour en commander une. Le type a du se demander ce que j'avais, à sourire béatement dans son humble établissement de "cuisine méditerranéenne". M'enfin, la pita était bonne bien que chère... 8,50$, ah oui.

Mercredi, c'était au tour de la parade de Georgetown. Ashe étant à Sussex Tech (l'école technique) dans le JROTC, Lance et David se devaient d'aller le voir défiler. J'ai d'ailleurs filmé pour moi-même, c'est sur facebook. Nous y sommes donc allés dans un froid qui change du climat tempéré du bord de mer, ça oui... Glacial. Ça m'a permis de découvrir un peu l'intérieur des terres (bon, on restait sur la Delmarva Peninsula*** mais quand même) et les différences qu'il peut y avoir. C'est bien plus agraire, bien plus traditionnel, plus... fondamental, terre-à-terre. C'est bien plus mexicain, aussi. J'ai vu pour la première fois à quoi ressemblait le type "aztèque", amérindien d'Amérique centrale du moins. Parce que oui, les latinos ne sont pas forcément les descendants des espagnols... Ça comprend les amérindiens qui semblent plus présents en Amérique centrale qu'il ne le sont en Amérique du nord (en tout cas où je vis). La démographie de Georgetown comprend une énorme majorité d'immigré. Ce qui est comique, car les rues et la ville en elle-même sont bien anglo-américains, jusqu'aux noms. Georgetown, comme le roi, et on a des rues Elizabeth, rue James... Enfin, là où ça pourrait me gêner en Europe, ça me paraît tout à fait normal ici. L'Amérique est une terre d'immigration.

The Courthouse

The Christmas Tree

David's Frozen Nose


Là-bas, la parade était toute différente. Dans le centre de la ville, organisé autour d'un rond-point immense et d'une large artère (dessinés pour faciliter les éventuels mouvements de troupes) bordée de bâtiments aux styles victoriens et anglo-américains (c'est-à-dire le genre d'architecture qu'on trouve en Nouvelle-Angleterre ou en Virginie) comme la justice de paix, l'hôtel de ville, les archives, etc, la parade défilait cerclée de barrière nadars, agrémentée de commentaires, de musique, de son et lumière, et d'un jury devant décidé du meilleur char, de la meilleur troupe, etc. C'est une voiture ancienne qui inaugura le défilé ! J'ai eu le temps de lire "De France" dessus. Toujours agréable de lire quelque chose de familier. Oh et j'oubliais ! Cette parade est aussi appelée la parade des ballons. Gonflé à l'hélium, il y en a des centaines... C'était magique. Le son et lumière aux couleurs de Noël (rouge et vert) sur la justice de paix (Courthouse) rendait merveilleusement. Les chars étaient splendides (vraiment recherchés), mignons (des tout petits gamins emballés comme des cadeaux), impressionnants (les énormes camions de pompiers), patriotiques (les troupes de retour d'Afghanistan)... Et des voitures incroyables. L'américaine que mon père rêve de s'offrir est passée, et plus encore.

Une vieille voiture des années 20

Jésus est notre meilleur cadeau

De retour d'Afghanistan

Vue de la parade vers la fin

Des gens... sur un char


C'est seulement vers la fin que Sussex Tech est passée, avec les jeunesses de l'armée (comment appeler cela ?), les cheerleaders (je traduirais par... chefs d'acclamation ?), les pom-pom girls... Et très vite, la parade s'est terminée. Fort heureusement, car mes doigts étaient presque tombés à cause du froid ! Je pouvais à peine les bouger et je ne touchais plus rien. Mais après l'effort, le réconfort ! On a mangé dans un fast-food un peu différent des autres puisqu'il offre de merveilleux sandwiches au rosbif et trois fromages.

Les gens assistant à la parade, photo de Lance

La justice de paix illuminée aux couleurs de Noël, photo de Lance

*Chamber of Commerce (Chambre de Commerce) : chaque ville des États-Unis en a une, de Rehoboth Beach à New York. Cette institution regroupe les différentes commerces et entreprises de la ville et coordone leur politique et évènements communs.
**JROTC, ou Junior Reserve Officiers' Training Corps (Régiment d'entraînement des jeunes officiers de réserve ?) : c'est un genre de club dépendant de l'armée américaine présent dans la plupart des écoles secondaires américaines (à partir de la 4e, ici les 1-2-3 sont en Middle School et les 4-5-6 en High School). Les élèves s'étant enrôlés (comme Ashe) participent à des entraînements après l'école (3-6h), des évènements locaux ou au sein de l'école, comme défiler avant les matches de football américain, porter les drapeaux, parader en ville, tout ça. C'est spécial. Mais c'est sans obligation, ça ne veut pas dire qu'après l'école ils iront dans l'armée.
***Delmarva Peninsula (Péninsule du Delmarva) : c'est une région non-officielle mais très présente dans la culture local (télévision, radio, école, clubs, ils parlent tous de Delmarva) qui comprend la péninsule partagée entre le Delaware, le Maryland et la Virginie (Del-Mar-Va, mot valise).