samedi 16 septembre 2017

Flights to Beijing

Les préparatifs pour mon départ ont été multiples. Dès le début de l'année académique 2016-2017, je me mis à penser à une destination d'Erasmus et à la procédure du soumission de ma candidature. Au début, je ne savais pas du tout où aller, et j'ignorais qu'il était possible de faire un échange hors de l'Europe. La perspective ne m'enchantait pas plus que ça car j'avais déjà vécu un an aux États-Unis, une expérience plus dépaysante sans doute que d'aller ailleurs en Europe (quoique ?), et je me plaisais bien en Belgique. Je m'épanouissais dans des associations et groupements étudiants, et je ne me voyais pas abandonner une routine si plaisante pour l'Europe du sud ou de l'est. 

Lors de la séance d'information faite par M. Van Den Haute toutefois, j'appris - ou plutôt eu la confirmation de ce que j'avais déjà entendu entre temps - que des échanges étaient organisés avec des pays non-Européens. Je me suis donc dis que tant qu'à faire un Erasmus, autant le faire au maximum et aller vers le dépaysement le plus extrême et le plus total, pour le challenge et l'expérience personnelle, mais aussi pour la perspective neuve que des pays non-Européens peuvent apporter. Je pensai tout naturellement à l'extrême-Orient et en particulier la Chine, première économie mondiale, puissance émergente et terre d'investissements européens avec laquelle les échanges ne font que grandir. 

Mes choix étaient les suivants : Chine (sans spécifier de ville), Kyoto, Vietnam. C'est finalement le premier choix qui fut retenu et je me vis attribuer l'École de droit de l'Université populaire de Chine (Renmin Univesity of China Law School ou 中国 (China) 人民 (Populaire) 大学 (Université) 法学院 (école de droit). La longue mais somme toute simple procédure pour finaliser tout ça se mis en route et, malgré mes doutes et parfois réticences, j'accomplis toutes les formalités sans heurts et en temps et en heure. Il fallu faire parvenir au services de l'ULB plusieurs papiers dont le Learning Agreement spécifiant ce que je devais prendre comme cours, et introduire une demande de visa auprès du Centre des demandes de visas chinois, entre autres.

Je n'étais vraiment pas sûr de partir car comme je l'ai dis plus haut, je me plaisais en Belgique : je me plaisais dans les associations et groupements étudiants dont je suis membre, avec mes amis, mais aussi et surtout, j'ai rencontré dès janvier celle qui est aujourd'hui ma petite amie, Maha, avec qui je suis tombé amoureux et qui, je le savais, allait me manquer terriblement durant ces longs mois d'échange. Malgré tout cela cependant, la machine était lancée et il me fallait aller jusqu'au bout de ce que j'avais entrepris, comme j'essaie de le faire pour tout ce que je commence.

C'est avec elle que j'ai passé tout mon temps les dernières semaines avant que je parte, afin qu'on fasse un maximum de choses avant que je ne m'en aille jusqu'en décembre. Ces semaines étaient magnifiques et j'ai été tellement heureux de les passer avec elle. Nous avions créé une bucket list des choses à faire ensemble avant de partir et avons tout coché : aller manger des sushis à notre restaurant préféré, aller essayer les spare ribs, regarder Game of Thrones, faire du shopping pour l'hiver, et bien d'autres choses qui m'ont permis de me créer des souvenirs pour tous ces jours passés loin d'elle en Chine. 

Nous sommes restés ensembles jusqu'à mon départ ce 9 septembre. Bravant une énième drache nationale, nous avons pris le tram, puis le train, pour aller jusqu'à l'aéroport où mon père, ma mère et ma sœur nous attendaient avec mes valises préalablement préparées la veille en province de Luxembourg. J'étais remonté seul avec Maha le vendredi soir pour passer mon examen du samedi matin à 9h00 (droit des sociétés par actions et droit financier des sociétés), avant d'aller à l'aéroport. L'examen s'est bien passé, mais la pluie était si forte que j'ai bien cru que j'allais tomber malade ou que je devrais me changer, tellement j'étais trempé. Heureusement, j'ai séché dans le train entre Bruxelles-midi et Zaventem.

Maha à l'Amer à boire

Sa tarte aux fraises

Moi en revenant de la province de Luxembourg


Mes lunettes de soleil finalement en poche, nous avions fixé rendez-vous à ma famille devant le Starbucks à 13h, afin d'avoir suffisamment d'avance pour que je décolle à 16h40. Nous avons emballé ma valise dans du plastique afin qu'on ne puisse pas l'ouvrir, avons discuté puis mangé au Exki du hall des départs. Peu avant 15h00, mes parents partirent dans une vive émotion. Je leur disais au revoir pour plusieurs mois... Nous nous sommes pris dans les bras avant qu'ils ne partent vers la voiture pour rentrer en province de Luxembourg. Je restai un peu plus longtemps avec Maha, afin que nous discutions encore un peu et que nous allions ensemble vers la sécurité. Ma valise derrière moi, je ne pu retenir les larmes qui coulaient sur mon visage alors que je lui disais au revoir pour si longtemps, moi qui avait passer tant de temps chez elle et avec elle. 

Je l'aime tellement que c'était une déchirure que de lui dire au revoir et de la voir aussi affligée que je l'étais. Nous avons mis du temps à nous séparer et c'était avec un profond sentiment de vide que je m'éloignai et passai les portiques de sécurité. Moi qui d'habitude déteste me faire contrôler et fouiller, je n'en avais cette fois-ci rien à faire, car rien ne semblait plus avoir d'importance par rapport à l'au revoir qui venait d'avoir lieu. Je passai toutefois le contrôle sans souci et rejoignai les quais, où j'attendis l'embarquement de mon vol. J'avais bien mon ticket pour Berlin, mais rien entre Berlin et Pékin. Je cherchai à m'enquérir de ce souci auprès du personnel de Brussels Airlines présent, mais comme je volais avec Hainan Airlines entre Berlin et Pékin, ils ne purent rien faire.

J'embarquai donc pour un vol qui sembla ne durer qu'une seconde. Encore secoué par les au revoirs à ma famille et à Maha, je dormi toutefois un peu avant d'atterrir à l'aéroport du Tegel, ou je devais prendre ma correspondance. Contrairement à ce que je pensais, je ne pu rester en transit et du refaire mon check-in, le pesage de mes bagages (qui faillirent être refusés car soudainement trop lourds, alors que c'était OK pour Brussels Airlines), et le contrôle de sécurité avant l'embarquement. J'attendis peu de temps avant de monter dans l'avion : la correspondance d'une heure quarante passa vite, d'autant que j'ai du traverser tout l'aéroport pour changer de vol.

Arrivée à Berlin pour l'escale vers Pékin


Le vol pour Pékin se passa très bien, même si au début je m'attendais à tout, n'ayant jamais volé avec une compagnie chinoise. Des serviettes chaudes nous furent distribuées et le service fut impeccable pendant toute la durée du vol. Toutes les boissons étaient gratuites, et quand ils n'eurent plus de bière, ils servirent du (bon) whisky. Malgré ce confort, ma taille n'aidant pas, j'ai eu beaucoup de mal à dormir et c'est avec difficulté que je parvins à m'assoupir deux heures entre l'Oural et la Mongolie. Pendant le reste de mon temps, j'explorai l'écran devant moi : la sélection de films était incroyable et les fonctionnalités du GPS l'étaient aussi. Je regardai Alien : Convenant puis fixa le trajet de l'avion au-dessus de l'Asie centrale.

Arrivée à Pékin


Arrivé à Pékin, j'étais très curieux de voir à quoi ressemblait vraiment la Chine : je fut déçu de ne voir qu'une épaisse couverture de nuages lorsque j'atterris. Arrivé sur le tarmac, je descendis vite afin d'aller le plus vite possible à mon université. Je passai par le contrôle du passeport qui, contrairement à ce qu'on m'avait dit, ne prit qu'une vingtaine de minutes, puis j'attendis ma valise mise en soute avec une petite frayeur quand je vis qu'après un moment, elle ne venait toujours pas. Je fut content de la voir surgir et, comme pour m'accorder une pause, je pris le temps de boire un café avant de continuer mon voyage vers l'Université populaire. 

Je du refuser plusieurs taximen oppressants afin de m'asseoir au Starbucks - comme pour faire écho à mon arrivée au États-Unis en 2012. Au bout d'un moment je me pressai d'aller prendre un taxi car après avoir atterri à 10h, voilà qu'il était maintenant passé midi. Le décalage horaire se faisait sentir : il n'était pour moi que six heures du matin, et j'avais encore tout mon temps. Eh bien non. Je cherchai donc un taxi, mais me fit embrigader dans une combine louche qui impliquait une berline noire et un taximan trop pressé, qui avait simplement pris mes bagages. En voyant sa voiture noire qui n'avait rien d'un taxi "normal", je préférai simplement prendre un taxi jaune pékinois parmi ceux qui faisaient la file pour prendre des arrivants. Une fille avec une écharpe rouge (qui semblait être la marque d'un service particulier) m'invita à monter dans l'un d'eux et, malgré l'odeur bizarre qu'il y avait dans le taxi, je montai dedans en lui indiquant ma destination sur Google traduction. 

Une rue du campus


Le voyage fut long, mais je pu voir à quoi ressemblait Beijing. C'est une ville très étendue, avec beaucoup d'espace entre les bâtiments, et grise, avec de hauts immeubles. Cela dit, il pleuvait ce dimanche 10 septembre et la première image ne fut peut-être pas la plus flatteuse. J'essayai de m'endormir dans le taxi mais, à moitié confiant en mon taximan, je vérifiai régulièrement où j'étais sur l'autoroute. Après une course à 104 yuan (plus ou moins treize euros), j'arrivai à la porte occidentale de l'Université. J'arrivai là avec mes valises, afféré à essayer de m'en occuper, et là commença le plus gros des formalités à faire dans le cadre de mon arrivée.