lundi 26 novembre 2012

The Christmas Tree

Ne nous méprenons pas, nous avons des sapins de Noël en Belgique aussi. Sauf qu'en Belgique, on s'y met un peu après et on en fait pas autant. Ici, Noël, c'est énorme. Le jour après Thanksgiving, c'était déjà l'heure de dresser l'arbre de Noël de la ville (sur le front de mer, splendide) et de l'illuminer en grandes pompes le soir du Black Friday, le vendredi noir.

Oh, oui, le vendredi noir. Le jour après avoir remercier Dieu, leurs ancêtres, leurs amis, etc. de ce qu'ils ont déjà, les américains se ruent littéralement dans les magasins pour leurs emplettes de Noël. Les centres commerciaux et les routes deviennent donc noirs de monde, d'où le nom de "Black Friday", puisque ça tombe toujours un vendredi. C'est le coup de départ des festivités de Noël. Je dirais même que le souper de Thanksgiving est en lui-même le coup de départ. On va chez des gens manger la dinde, tout est normal. On en revient, tout est illuminé. Incroyable. Le lendemain donc, les gens se ruent dans les magasins, il y a même parfois des morts lors d'émeutes. Et du jour au lendemain, on passe de Thanksgiving à Noël. Du jour au lendemain, la radio passe de 0 à 95% de chants de Noël (je n'exagère pas) et les décorations sont placées, les maisons et les sapins illuminés.

Image prise avec Instagram

Et donc, le soir du lendemain de Thanksgiving, on illumine en grandes pompes le sapin de la ville, placé magnifiquement sur le front de mer, magnifiquement décoré. Pour l'occasion, des centaines de personnes se déplacent avec leurs familles et passent la soirée en ville. Sous le kiosque, des chants sont orchestrés, le public chante avec, et vers 8h, le compte à rebours est lancé pour l'illumination du sapin que tout le monde attendait ! Les gens dansent et chantent. On a même eu droit à une mini-représentation de danses et de chants par la troupe de théâtre de la ville qui cette année encore jouera A Christmas Carol, une oeuvre de Charles Dickens, le Victor Hugo anglais. L'oncle Scrooge, vous connaissez ? Le vieillard avare qui reçoit la visite de trois fantômes, le Noël passé, présent et futur. Lance y joue un rôle, j'ai hâte d'aller voir ça. Le soir-même du Black Friday, la première représentation a eu lieu et jusqu'à Noël, chaque weekends, d'autres suivront.

Thanksgiving

Le mois de novembre est vraiment génial. Je ne sais pas si j'en ai déjà parlé ici, mais après deux mois de cours, on a eu un mois entier de congés, ponctués par quelques journées d'école. Allez, je fais le compte, jours de maladie et weekends inclus, on arrive à 17 jours de congés contre 13 de cours (j'ai été étonné de voir que j'ai en fait eu cours quatre jours d'affilé à un moment). Tout ça s'explique par le jour férié de l'élection, des journées pédagogiques, deux jours de maladie, le congé de Thanksgiving, le jour des vétérans, et quelques autres trucs, sans doute. N'est-ce pas merveilleux ? Si je suis... allez, premier mot de ma vie que je traduis de l'anglais au français parce que j'ai oublié le mot français... reconnaissant, c'est bien pour ce fabuleux mois de novembre, même si à la fin ça fait du bien de retrouver les bancs de l'école.





Du coup pendant ces jours de congé, j'en ai profiter pour me détendre. J'ai retrouvé plein de photos de l'année dernière, j'ai lu les éditions du Courrier International que ma mère m'a envoyé (dont un hors-série sur l'Amérique d'Obama), j'ai regardé 102 des 160 épisodes de la série ultra-populaire How I Met Your Mother, et sans sous-titre s'il vous plaît. Il faut dire que c'est pas bien compliqué à comprendre... C'est l'histoire d'un type, Ted Mosby, qui raconte à ses enfants comment il a rencontré leur mère. La série court donc sur huit année (toujours en route depuis 2005 !) et raconte sa vie et celle de ses amis à New York. On s'habitue très vite aux rires de fond. Ici le lien vers la chaîne YouTube. http://www.youtube.com/himym?feature=relchannel

Entre autres, j'ai été voir la pièce de théâtre interprétée par la troupe de Mrs Pfeiffer, à l'école. C'est autre chose que la nôtre... Plus grand, avec plus de moyens, plus travailleurs, plus long. Mais... Beaucoup moins dur, étonnamment. La voix est moins travaillée, les postures également, les fameux gestes parasites et autres détails sont plus peaufinés. Sans doute parce qu'ils jouent non pas une mais quatre ou cinq représentations pendant l'année. Ils doivent donc travailler les samedi, après l'école... Harassant. American hard-working. Cette fois, ils ont interprété The Miracle Worker, une pièce racontant l'histoire vraie d'une relation entre une enfant sourde et aveugle et un professeur qui va l'aider à s'en sortir. Ici le lien vers Wikipedia English (parce que c'est le plus documenté) :  http://en.wikipedia.org/wiki/The_Miracle_Worker_(play)

La semaine d'après, c'était déjà Thanksgiving ! Alors, il y a plusieurs explications à cette fête. Voici ce que j'ai entendu de plusieurs côtés. D'abord il y a l'étymologie française (il y a toujours une étymologie française, ils veulent toujours ramener tout à leur langue ces gens-là, héhé) qui dit que Thanksgiving est la traduction littérale de Merci-donnant, une célébration évidemment française qui consistait en fait que les autorités donnaient de la nourriture au peuple. Mais vous me direz, quel est le rapport avec l'Amérique et le repas traditionnel auquel j'ai goûté ? Quel est le rapport tout court ? Pourquoi ? Une autre explication est que Thanksgiving est la célébration de l'arrivée des premiers colons anglais en Amérique. Une autre explication est que Thanksgiving est la célébration de l'aide donnée par les amérindiens aux premiers colons. Une autre explication est que cette fête est la célébration de la première récolte des colons anglais.

Et si on met tout ça ensemble, je dirais pour ma part que Thanksgiving est ni plus ni moins la commémoration de l'arrivée des colons en Amérique et le remerciement envers Dieu, les premiers colons eux-mêmes et les amérindiens les ayant aidés à survivre (en leur apprenant à cultiver le maïs, en leur apprenant que la dinde se mangeait et n'était pas un animal démoniaque, de même que la pomme de terre et les patates douces) du fait qu'ils aient pu s'établir sur les sol du Nouveau-monde et y prospérer. Et si on veut intégrer l'étymologie française, peut-être que cette coutume est née en Nouvelle-France plutôt qu'en Nouvelle-Angleterre, ce qui est tout à fait possible. Mais certainement pas en France... Et ce qui me fait dire que c'est la célébration d'une (première) récolte, c'est que ça tombe à ce moment-là dans l'année, moment qui d'ailleurs diffère selon les latitudes puisque les canadiens fêtent Thanksgiving un mois avant les États-Unis. Et regardez la nourriture : purée de patates douces, dinde, maïs, airelles... et d'autres trucs bons mais bizarres qui sont typiques à la cuisine américaine... ça veut bien dire ce que ça veut dire. On y mange pas de la baguette, des lasagnes ou de la panse de brebis farcie. C'est bien américain. Et c'est pas du Macdo, c'est super bon. Surtout les airelles qui, bien qu'amères, sont bourrées de sucre pour donner un véritablement bonbon en confiture. Super. Noël avant Noël, totalement !

Thanksgiving a aussi été l'occasion de découvrir des bières américaines ! Bien sûr, je n'en ai pas bues, malheureusement. Mais j'ai pu discuter avec quelqu'un qui m'a expliqué et décrit le goût, l'origine de la bière, et tout. D'ailleurs, la première qui m'ait été "expliquée" portait la mention Belgian Style, c'était marrant. Enfin j'ai pas compris le rapprochement mais je suppose que ça fait vendre, la mention Belgian. On est connu pour les gaufres et les bières, par ici. Le chocolat, aussi, un peu. J'ai gardé les bouteilles, hein. Mais je n'en ai pas bu une goutte, c'est contraire à la loi, ici. Bande de puritains !

Ça me rappelle quand dans un épisode de How I Met Your Mother, ils vont dans un magasin de liqueur et que derrière le vendeur, on voit au choix de la Duvel et les trois Chimay, héhé.
Oh, j'oubliais. "Plus ancienne brasserie de l'Amérique : 1829". Si jeune...

Chose amusante. Un prof de l'école est depuis septembre sur un bateau au milieu de l'Atlantique, faisant des recherches pour l'Université du Delaware. Notre prof de science marine en a profité pour lui envoyer des gobelets de frigolite sur lesquels on avait dessiné afin qu'il les immerge au fond de l'océan et nous les renvoie. J'avais noté les mesures... 8,9 cm de haut, 4,8 cm de large. Maintenant, à cause la pression des abysses obscures, il fait la taille d'un bouchon de champagne. Car oui, on nous les a renvoyés ! Photos à l'appui. Pour comparer, voici exactement ce que c'était avant. http://vdsproducts.be/fr-details.php?id=184





En prenant les bières en photo, je me suis souvenu de ce gobelet-là, qui peut servir de bonne comparaison de taille, même s'il n'est pas exactement le même. Mais ceci donne une meilleure idée de la pression exercée au fond du milieu de l'Atlantique.

dimanche 11 novembre 2012

Philadelphie

Petit article à propos du weekend qui se termine. Il aura été long : de longues journées de congés depuis plus d'une semaine, puisque j'ai été malade les deux seuls jours d'école qu'il y a eu. C'est un peu ma Toussaint, en attendant les trois jours de congés pour Thanksgiving la semaine prochaine. Qui a dit qu'on avait pas de congés en Amérique ?

Donc oui, tout commence par une maladie qui m'a bouché le nez et le cerveau pour trois quatre jours. Ça m'a bien fait chier : pas de Washington D.C. AFS trip mardi. J'aurais pu rater la Senior picture le mercredi mais j'ai quand même été à l'école l'après-midi pour la faire (et suivre un cours - qui consistait à répondre à des questions sur un site pas mal du tout, pour déterminer nos intérêts et les carrières potentielles qui pourraient nous convenir.) Et donc du coup ma photo est hideuse, j'étais malade. C'est drôle : carte d'identité = bourré après la fin des examens. Senior picture = malade. Je fais fort. Mais au moins si on me demande mes papiers pour ivresse sur la voie publique, je serai toujours reconnaissable !

C'était amusant la manière dont ils prennent les photos. J'ai du porter un faux costard, avec nœud papillon et col faussement plissé. Décidément, tout est faux en Amérique ! Rentré à la maison, j'ai bu une bonne tasse de café. Je pense que je deviens accro à la caféine. Peut-être est-ce pour compenser le fait que je ne boive plus de bière. Je ne sais pas. Peut-être.

Vendredi, Lance, David, Bonnie (ma grand-mère d'accueil) et moi avons été à Philadelphie pour la journée. C'était une grande ville très intéressante, j'y ai appris beaucoup sur les premières heures des États-Unis. On a d'abord visité l'Independence Hall, là où fut déclarée l'indépendance du pays et là où fut rédigée, débattue et signée la constitution, la première de l'Histoire. Je m'attendais à autre chose, je dois le dire. Quand j'ai vu le lieu, un genre mini-mairie, j'ai failli en rire : c'est minuscule. Mais il faut avoir à l'esprit que les États-Unis se sont construits sur rien. Enfin, sur un territoire (presque) vierge où (presque) tout était à faire. Philadelphie était la plus grande ville de l'Amérique britannique lors de la guerre d'indépendance... C'est-à-dire un village posé sur un fleuve. Ce qui a suivit, par contre, est une des plus grande villes d'un des plus grands pays du monde. On peut d'ailleurs voir différentes étapes de l'Histoire américaine dans cette seule cité, c'est très intéressant.

The Independence Hall - fin du XVIIIe siècle

Benjamin Franlin's Hall - début du XIXe siècle.



Le marché au maïs, ou un truc du genre - milieu du XIXe siècle.
Maisons cossues - fin du XIXe, début du XXe siècle.
Maison genre année 20-30.
Immense machin des années 30-40.
Tour style année 70-80, je présume.
Immense truc de verre des années 2000.
Maisons hipsters, années 2010... :(
 Après avoir visité l'Independence Hall, on avait tous faim. Et grâce à Nina, je savais qu'il y avait une taverne belge pas loin qui faisait dans les bières et la petite restauration. On y a donc été et surprise, c'est dans le quartier hipster ! La Belgique c'est trop branché quoi. Une barbe faussement mal rasée pour lui, des jeans trop courts et troués pour elle, la joli verre et la bière étrangère à la main : je me la pète. Et des vrais de vrais, des putain de hipsters hautains et américains. Odieux. Enfin la serveuse était sympa et le repas excellent. Les bières quant à elles semblaient bonne. Lance a pris une Chimay bleue et David un blonde de la brasserie des rocs. Tout ça dans le plus large choix de bières que j'ai jamais vu : des centaines. Très impressionnant.

La rue avec Eulogy Belgian Tavern, un repère de qualité.
Hipster staïle.
Pas la mienne.


LE choix.
Après tout ça on a fait des tours dans la ville. On a été voir la Liberty Bell, la cloche de la liberté, fendue, d'ailleurs, puis le National Constitution Center, avec une animation sur la gloire de l'Amérique libre que je préfèrerais oublier, une mini-expo sur la démocratie pas mal foutue, et quelques salles à propos de la Prohibition dans les années 30-40. Vraiment une journée pas mal, entre le froid mordant et les écureuils amicaux. Nous sommes finalement rentrés tard et fatigués après cette journée géniale.

Chaque plan, une époque ! 1770 - 1930 - 1990.

Tram amical


Point de vue un mur de l'immeuble de la bourse et un gros pont.

Dans l'Independence Hall

J'ai aimé les volumes de la cage d'escalier.

Vélo hipster.

What ? Belgium is so pupular ?

Photo de hipster.



J'oubliais : lors de la visite guidée de l'Independence Hall, le guide m'a demandé mon pays d'origine. Et là un type vient vers moi et me demande si je parle flamand. Quel dommage, non ! Le type était un américain ayant vécu à Eindhoven, près de Anvers. Il a cru pouvoir pratiquer sont flamand... Eh non ! Désolé !

dimanche 4 novembre 2012

Fire, Bowling and Crash

Quelle semaine. Tout commence avec la plus grosse tempête que la côte est ait connue. Deux jours sans école, du vent, de la pluie et des dégâts par milliers. Mercredi, je suis témoin d'un incendie à cinquante mètres de chez moi, vers cinq heure du matin, chez de gens que de surcroît je connais : je prend le bus avec la fille tous les matins, le fils vient souvent jouer avec Ashe et les parents sont d'une grande gentillesse. Les voilà à l'hôpital pour brûlés à Philadelphie, et leur maison est ruinée. Chaque fois que je passe devant, c'est à dire au moins deux fois par jours, je me demande comment ils vont faire pour passer au-dessus de ça.

Samedi fut une longue journée. L'après-midi, j'ai été aider le groupe de théâtre pour tout ce qui est technique : bouger des trucs, peindre, amener des costumes. J'ai bien aimé. La plupart du temps, je suis resté simplement assis à discuter avec des acteurs ou aidants comme moi de tout et de rien. Et puis j'aime peindre, j'ai d'ailleurs fait un bon travail, trois couches, et je n'ai pas oublié les dessous des planches (là où on colle les chewing-gums).

Le soir, pour l'anniversaire de Neal, on a été au bowling, Millsboro, à quelques kilomètres de Rehoboth Beach (le bowling local a perdu son toit suite à une tempête de neige il y a quelques années et ils n'ont jamais jugé utile et rentable de le reconstruire). J'avais pris des chocolats à la liqueur. Malheureusement, on était plus nombreux que prévus... J'ai donc donné les chocolats aux trois premiers des deux équipes, qui ont adoré (eh oui, alcool). Ça faisait un petit shot, comme ils disent. Je ne pense pas avoir mal fait, ces pralines sont catégorisées dans "chocolats", pas dans "alcools". C'est pour ça qu'ils ont passé la frontière, d'ailleurs ! Sacré Ricains. Et puis j'ai mangé un hamburger fait la femme la plus antipathique que j'ai rencontré. Elle faisait mine de ne pas comprendre ce que je disais (remarque elle était peut-être juste conne), elle aurait été la seule à ne pas me comprendre depuis mon arrivée sur la sol yankee... Amusant.
"Tu veux quoi sur ton hamburger ?"
"Oh... Même chose que celui-là", dis-je en pointant un autre tout juste servis (rien à foutre, tu comprends, un hamburger c'est toujours bon).
 "Ok, tu ne sais même pas ce qu'il y a dessus, mais tu veux le même... Stupide... Alors des pickles, tomate, laitue, ketchup, le tout avec des chips". Genre elle énumère bien tout pour montrer qu'elle connait, et que je ne suis qu'un stupide étranger.
"Yes that's fine. And a coke with that".
"Grmblmh", répondit-elle avec le contraire d'un sourire.
Et puis plus tard, après avoir brillamment joué (haha), je suis revenu prendre mon dû.
"Where are you from?"
L'occasion se présentait pour dissiper ce malentendu, que vous n'avez peut-être pas cerné.
"Belgium. I'm not French."
Je commence à avoir l'habitude. Les américains ne connaissent pas la Belgique, ou alors ils en ont globalement une bonne impression (Oh, Belgium! Waffles). Ce qui n'est pas le cas de la France et des français... Surtout auprès de la population rednecks, à laquelle cette femme appartenait, visiblement. Alors pour passer de la haine à la sympathie, rajoutez "Hopefully" à la fin. Ce qui fait rire et vous donne un peu plus de chips dans votre assiette.

C'est après que tout s'est réellement compliqué. En revenant, on a vu un cerf. Juste devant nous. Un mini van l'a évité, mais nous avons du freiner. Du coup, la deuxième voiture de notre groupe nous est rentré dedans et s'est faite exploser l'avant gauche. Plus de peur que de mal, heureusement. Reste que je mangerais bien du cerf, moi. Premier accident de voiture, et étonnamment j'ai été très calme. Comme souvent quand il m'arrive quelque chose, je suis plus intéressé qu'impliqué. Et puis je n'étais qu'un passager... Les flics (cops) sont donc arrivés et nous ont demandé nos papiers, de rester là, etc. Une heure dans le froid. Je crois que je suis malade maintenant. C'est dingue, on était tous plus inquiets à cause des flics que de l'accident. LOGIQUE. Ne sont-ils pas là pour aider les gens plutôt que de les... fliquer ?

Ok, je vais marcher. Un peu d'air frais me rendra vraiment malade et m'évitera l'école demain, haha !