jeudi 27 septembre 2012

An Essay

Sérieusement, vous pouvez, vous, faire un essai en moins de 500 mots ? Moi qui suis habitué aux trois pages minimum... Le plus dur n'a pas été de l'écrire mais de le raccourcir. Ci-dessous ma version finale, c'est-à-dire la version corrigée par Lance (pour ne pas dire réécrite, je pense d'ailleurs que ma prof va se poser des questions...)

Essay

About Belgium

A lot of people do not know that, sometimes, the biggest political crises happen in countries that are closer than we might think. For example, the world record for a country without any government belongs to Belgium, a small country in Western Europe that is divided in two parts : the Dutch-speaking part in the north and the French-speaking part in the south. 

This story begins in the early 19th century, during a tormented period of nationalism in European history. At that time, the Belgian people were oppressed by the Dutch monarchy because of the Treaty of Vienna (signed after the defeat of Napoleon the First). The victorious countries decided to keep the boundaries and to give the territory of what is now Belgium to the Netherlands. But divisions between Protestants and Catholics, and French culture and Dutch culture, made this new kingdom explode after 15 years. Belgium was created around the French culture, the Catholic religion and the industries of the south.

During the creation of the country, the Flemish people in the north were forgotten, their language overlooked, and their culture (which was actually very important during the Renaissance) was left behind. Even during World War One, French-speakers officers sent poor Flemish soldiers to their deaths, largely because these guys weren't able to understand a word of their orders, all given in French. This situation was the norm until the 1960's, even if Dutch was an official language of the kingdom. During this decade and the entire period following World War Two, the industries based on coal and coal mining were in their end, and the northern industries based on the sea trade were very interesting. 

So now although the relationship is reversed, the situation can be seen a worse than before because the Dutch-speaking people want revenge. But if you look at the facts, both parts are complementary around the capital city of Brussels, which is also the capital city of the European Union and NATO. Both communities of Belgium have a common interest in cooperation and reconstruction of the nation. That's what the European President - who is Belgian - thinks. That's what a large majority of Belgians think. And, that's what is good for the country, my country, as I see it.


These last days

Ces dernier jours, il s'est passé des petits trucs. À croire que je veux pas m'installer dans la monotonie.

Mon principal problème cette semaine est de déterminer si oui on non je continue Journalisme. D'un côté, c'est un cours ennuyeux : tu t'assieds à ton bureau et tu tape un article sur un mac pendant une heure et demi en écoutant les demandes déstructurées de la prof. Personne ne parle, t'es juste face à ton écran et t'écris un truc, "whatever you want". Mais en fait, non. Ça doit avoir un rapport avec l'école. C'est logique, au fond, mais si on me l'avait dit avant j'aurais réfléchi à deux fois. Donc oui, personne ne parle, ce qui n'est pas excellent pour la socialisation. En fait tu te fais carrément chier. Alors en plus de ça, la prof te cours après pour ta bio, une photo, une autre photo, encore une autre photo, un article vite fait, elle te censure, bref, elle t'emmerde. Mais d'un autre côté, j'ai peur de rater quelque chose en quittant ce cours, surtout que ce serait pour prendre rien. Rien, parce que le théâtre ce serait avec des enfants de 14 ans, que je peux (quand même) pas retourner en Français IV, et que les autres cours sont pas intéressants ou alors trop durs. D'ailleurs, au moment où je me faisait violence pour passer le reste de l'année en journalisme, Mr Simon, le conseiller, me proposa de prendre, comme j'ai dis, rien. Une heure d'étude. En Amérique, vous imaginez ? C'est gens les travailleurs les plus acharnés que j'ai jamais vus et on me propose de prendre une heure d'étude !

Ça me rebute. Je me dis que ce sera ennuyeux (approuvé par Lance) et que je vais passer pour un loser, même si Mr Simon m'a dit que je n'avais pas de soucis à me faire à ce sujet parce que j'avais un horaire difficile et que je suis étudiant d'échange. Mais je voyais bien dans sa réponse et dans les excuses qu'il me donnait que ça le faisait moyen, de rien prendre. En le fait que je sois étranger ne change rien, bien au contraire. Non pas que j'en ai quelque chose à foutre, de l'image que les Belges ont en Amérique, mais ça le fait pas, enfin, je sens que ça passerait pas bien. Et puis quand t'es dans une salle d'étude, la sociabilité, c'est zéro. M'enfin, Journalisme c'est 0.5, donc bon. Et puis, Journalisme, c'est ennuyeux ET énervant. L'étude c'est juste ennuyeux. À la limite ce sera déprimant mais bon, ça me fera une heure trente de libre, pour faire mes devoirs (Dieu qu'ils sont nombreux ici) ou que sais-je. M'enfin, je vais me renseigner. Si c'est surveillé je me pends.

Plus réjouissant, j'ai reçu un 36.5/39 en Histoire Européenne sans même lire le chapitre, juste en écoutant en classe. Oui, bon, on peut dire que j'ai déjà vu la matière, c'est vrai. Mais c'est 1) en anglais et 2) bien plus axé sur l'Histoire en elle-même qu'en Belgique. Ici on apprend dates et personnages en plus de l'analyse historique et tout la barda universitaire (ou pré-universitaire) qu'on voit en Belgique. Intéressant, donc. Et cool. Ah et en Littérature Anglaise (plutôt cours d'anglais 3e secondaire), on a eu un test, c'était sur les adjectifs. On avait des trous dans un texte et on devait y mettre un adjectif. De mémoire, pas de choix. Ben j'ai eu 44/50. Disons que j'ai battu la bonne moitié de la classe, soit des natifs. haha !

Encore plus réjouissant, je me fais des amis, et je parviens enfin à comprendre plus que les 2/3 de ce qu'ils disent dans un anglais très rapide. Avant-hier j'ai été chez l'un d'eux, Avery. Lui et Neal m'ont montré des défilés de Marching Bands, des championnats de musique, des vidéos cools. C'était pas mal, d'autant plus que Neal a une voiture. Et demain, on va assister au match Cape/Sussex Tech, la grande rivalité en football américain des matches du vendredi soir ! Photos.

En attendant voilà des vidéos cools :


 
Allez directement à 0:50 si vous voulez

https://vimeo.com/41160389

lundi 24 septembre 2012

First Month

Aujourd'hui 24 septembre, ça fait un mois que je suis partis de Belgique. Je me devais d'écrire un petit quelque chose.

En gros, la vie suit son cours, la routine s'est installée, ponctuée de temps à autres par quelques activités, des films chouettes, des sorties intéressantes. Si toute l'année pouvait durer comme ça, ce serait génial ! Le climat avec... En un mois, on a eu genre deux jours de pluie, et le reste du beau temps et des températures estivales. Enfin, le matin, pas trop. Se lever tôt pour prendre le bus ça fait froid. Mais en rentrant, on doit ouvrir les fenêtres tellement y fait chaud.



La semaine dernière, j'ai (enfin) reçu le colis que ma mère m'a envoyé ! Il contenait une troisième pair de chaussures, mon peignoir, des bouquins, le dernier Courrier International, des chokotoffs et des pralines en partie explosées. C'était comme un morceau de Belgique, ça fait chaud au cœur. J'ai donc partagé les pralines et les chokotoffs avec la famille, et lu les dernières nouvelles du monde, qui, c'est balo, provenaient surtout du Washington Post, le journal qu'on reçoit tous les matins... Élections américaines oblige.

J'ai aussi reçu un charmant colis contenant mon pyjama que j'avais oublié chez Valentine en ce début de mois de juillet, accompagné d'une jolie lettre calligraphiée avec soin que j'ai pris beaucoup de plaisir à lire, tout comme la carte postale que mamie m'a envoyée de ses vacances à Lourdes avec les oncles et tantes ! Ça fait du monde auquel répondre, j'en aurai pour mon argent en cartes postales... D'ailleurs, à propos d'argent, j'ai fais des folies ce weekend.

En effet, on était de sortie dans le Maryland. Samedi, on a été au Renaissance Festival d'Annapolis. Le concept c'est un immense village médiéval/Renaissance construit de manière assez réaliste au milieu d'une forêt. C'est génial, les rues serpentent dans la forêt, formant un village de taille moyenne, genre grand comme Chiny, le tout en, je le répète, assez réaliste, ce qui m'a surpris connaissant ce dont les Américains sont capables quand il s'agit d'Histoire. Les gens étaient, pour la plupart, déguisés. Encore une fois, de manière surprenante ! Parfois réaliste, parfois farfelu, mais toujours de manière originale et complète. Ça allait de la cape aux bottes, au corset, boucles d'oreilles, coiffures, épées, coupe accrochée à la ceinture... Un vrai jeu de rôle grandeur plus que nature ! J'ai pu croiser des mages, sorcières, chevaliers, écossais, bijoutiers Juifs, valets, danseuses orientales et même un roi et sa reine.



Y'avait d'ailleurs toute une mise en scène autour de ça. On est arrivés pour l'ouverture du site : Le maire et sa femme étaient au dessus des remparts faisant une mise en scène marrante pour la venue du roi. Le roi s'est donc pointé, et s'est baladé dans le village pendant toute la journée, dans son costume style Charles Quint. Dans le village donc, il y avait des scènes pour des représentations théâtrales (A Midsummer Night's Dream), d'acrobates (épatants), de bouffons (hilarants), avec gradins (inconfortables), balcons (confortables), service de bagels (trop salés) ou de noisettes (pas gouté). On trouvait aussi des tavernes (avec bière, sauf pour moi !), restaurants (disons tables), stands de Turkey Legs (cuisses de dinde), de Curly Fries (frites courbées) ou de divers plats farfelus censés faire genre moyen-âge, Renaissance, le tout gaiement mélangé à l'américaine, sans être trop kitsch ou ridicule, contrairement à ce qu'on pourrait penser. Y'en avait même pour les sportifs : des tournois, cours d'escrime, échecs géants genre Harry Potter, une gigantesque armurerie avec des vraies armes et tout, un musée d'Histoire Pas Naturelle, divers artisanats qui feraient pâlir les petits commerces prétentieux des cités médiévales d'Europe, et même des ateliers de forgerons où on pouvait commander des médaillons, des lames, etc. Un truc énorme, bien américain, mais sans les mauvais côtés (enfin, vachement orienté Angleterre, quoi). Du coup j'y ai acheté pas mal : du thé brut dans une herboristerie avec une boule à infuser, une coupe en cuir chez un artisan spécialisé pour ma bière et un médaillon en bronze personnalisé (y'avait or 24 carats mais le prix de $150 me paraissait trop élevé pour ma bourse. J'ai pris le Lion Rampant pour la Belgique et une miniature de l'archange Michel de l'autre côté.



Le soir on a dormi à l'hôtel après avoir été faire du shopping près du casino (un putain de casino). J'ai acheté un bouquin très intellectuel : Chuck Norris Can't Be Stopped : 400 All-New Facts About The Man Who Knows Neither Fear Nor Mercy (400 tout nouveaux faits au sujet de l'homme qui ne connait ni peur ni pitié), un Tshirt Led Zeppelin, un autre faisant référence à un show "You Are Special" et un poster cool. Et un jean vert. Sur les deux jours j'en aurai eu pour quelque chose comme $150. Super weekend.

Le dimanche on a été visiter Baltimore. Une ville grande, large, haute, spacieuse. C'est pas aussi riche qu'une ville européenne mais c'est tout autant agréable. On a passé du temps dans une librairie parce que, je cite, "On a pas beaucoup de libraires par chez nous, faut profiter de ce qu'on trouve ici". Baltimore, 2h30 de route en ligne droite. La vue était magnifique, le temps idéal, le ciel et la lumière parfaits. On a même été dans un pédalo-dragon mauve faire un tour sur l'eau la plus sale que j'ai jamais vu. Le jeu avec Ashe, c'était de découvrir la nature du déchet avant d'arriver à sa hauteur. 


mercredi 5 septembre 2012

High School II

Ça y est, ça fait deux jours que j'ai (re)commencé l'école, pour ma dernière année, et cette fois la bonne. Avant toute chose, je pense qu'il est bon que j'explique comment les jours fonctionnent, parce que, comme beaucoup de choses, c'est très différent, oui oui oui. Pour faire simple,

Je me lève à 6h (soit 40 minutes plus tôt que l'année dernière), puis prend le bus à 7h (le jaune, comme dans les films) pour être à 8h à l'école. Après avoir attendu pendant quelques minutes dans le hall/réfectoire, les élèves sont répartis en home rooms, c'est-à-dire une classe où ils reçoivent les communications du jour (aujourd'hui chipolatas à midi, concours d'échec à 14h30 ou match de badminton au grand stade) pendant 50 minutes de bavardage et de récupération de sommeil. Je pense personnellement que cet interlude entre le rien et les cours permet aux élèves de se réveiller réellement. La Belgique devrait s'en inspirer, d'autant que ça fait commencer les cours à 9h, héhé. Donc, 9h. Ou 8h55 plus exactement. Périodes :
8h55-10h15 = 1h20
10h20-11h40 = 1h20
11h45-13h25 = 1h40
13h30-14h50 = 1h20
 Oui, en effet, on fini à 15h. Mais j'ai encore une heure de bus pour rentrer chez moi (5km) donc ça me fait rentrer à 16h. Quand est-ce que je mange ? Ça aussi c'est toute une affaire. Selon les profs qu'on a en 3e période, ça varie. Il y a le A-Lunch, qui fait 11h45-12h15, le B-Lunch entre 12h20 et 12h50 et enfin le C-Lunch qui couvre les trente minutes entre 12h55 et 13h25. Ils ont ce système parce que tout le monde ne peut pas manger dans le réfectoire en même temps (l'INDA devrait bien s'en inspirer !). 

La High School. Je n'ai pas encore vu les clichés qu'on a pu me raconter (je parle d'anciens étudiants d'échange). Les gens sont pas séparés en castes rigides, les Noirs/Blancs/Latinos mangent ensemble même quand ils ont 14 ans, le sport est pas le centre des conversations et les gens dansent pas dans les couloirs. C'est même plutôt cool, y'a pas de nobles, héhé. Les gens sont sympas, ouverts, prêts à patienter quand je cherche mes mots. Quant aux profs, ils sont pareils. Je crois que ce job est universel. On entend les mêmes rengaines, mais traduites. "Chewing-gum, poubelle !", "Prenez des notes, bon sang, au collège on va pas vous materner !", "Le collège-ci, le collège-ça !", etc. Ça ne rappelle rien ? La ressemblance est même effrayante : le prof d'Histoire tient son cours comme Sire Debusschère, la prof d'anglais (= de français, pour nous) disserte sans cesse sur les même sujets d'humanisme bien à gauche (surtout pour une américaine : parler des panneaux solaires et de la "famille des hommes" est un truc assez peu commode), le prof de math a le même humour et la même extravagance vestimentaire que Mr Genin (l'un a une cravate Mickey, l'autre une queue de cheval et la moustache de Freddy Mercury), la prof de géo a le même ton cinglant que Guissart... Assez étrange, très étrange. Ah, et la prof d'italien a la même coupe de cheveu que Mme Sarzi. Non, vraiment, c'est très très étrange, quand on y pense. Mais parfois, certains profs font mieux ! La prof de psycho, par exemple, parle à sa feuille, devant la classe, comme ça. Le papier tombe, elle le ramasse, le tient dans sa main, puis lui dit très solennellement :"C'est mal. Ne refais plus jamais ça, c'est très mal." avant de continuer son cours comme si de rien n'était. Je l'aime bien, cette prof. Enfin quelqu'un d'honnête sur le physique des nouveaux-nés. Hideux !

Un truc bien à Cape Henlopen (et dans toutes les écoles américaines je suppose), c'est que un prof = une classe. Du coup c'est joliment décoré, y'a par exemple une tour Eiffel géante en classe de français, des macaroni séchés en italien, des oiseaux empaillés et des aquariums en science, différentes fonctions remarquables dessinées sur le mur en math, des posters des Sixty's en Histoire, un cerveau en psycho, les centaines de bouquins en anglais, etc. Ça créé un cadre, m'voyez. Et de temps en temps, comme dans Grease, on entend la sonnette du principal. Du coup, même le prof arrête de parler (Dieu que c'est dur pour lui !) et on écoute la voix grave et mâchée du principal qui baragouine quelque chose dans sa barbe. Autre chose du style, c'est en home room, quelque chose dont on devrait tirer enseignement : le serment d’allégeance au drapeau américain. I pledge allegiance to my Flag and the Republic for which it stands, one nation indivisible, with liberty and justice for all. Sans déconner, tous les matins, les gens s'arrêtent, se lèvent, et tous mettent une main sur le cœur et disent ça en regardant le drapeau accroché au tableau dans CHAQUE classe. Ça a de la gueule. D'ailleurs, y'a pas que ça. Chaque classe à son iMac, son projecteur. Qui fonctionnent. Les profs écrivent sur les écrans tactiles et retouchent en direct leurs Powerpoints, c'est pas mal.

Ma home room à moi, c'est la classe de sciences animales. Y'a qu'à moi que ça arrive, ça. On est dans un genre d'entrepôt à l'écart de tout, avec des bestioles dans des cages et un chien qui se balade entre les bancs. Quand je dis que les classes sont très personnalisées en fonction des cours... Mais y'a pas d'odeurs, ça va. 

L'équipe de football (américain, le foot normal c'est le soccer) de Cape Henlopen High School, c'est les Vickings. Parce que c'était la Nouvelle Suède, avant, le Delaware. Du coup les couleurs de l'école c'est bleu et jaune, genre drapeau suédois, et y'a des têtes de vickings partout. C'est pas mal, ça créé un folklore. Même si le district a plus de 40 ans, les bâtiments de l'école eux-mêmes n'ont que quatre ans (c'est la quatrième année qu'ils sont occupés), faut donc les rôder. Casser des vitres, trouer les portes et le sol, péter les iMacs, rentre le lieu vivant. Genre INDA mais en salubre, hin hin hin. 

samedi 1 septembre 2012

High School I

Il y a quelques jours j'ai été à l'école pour m'inscrire, ou plutôt m'enrôler (c'est le terme en anglais, inscription étant réservé aux militaires). J'ai pu voir la taille immense que couvre l'école : l'école elle-même mais son grand parc et ses nombreux terrains de sport, dont un stade de foot avec gradins, éclairage nocturne, pelouse artificielle. Après avoir fait le tour, je me suis néanmoins rendu compte que l'école elle-même n'était pas si grande que ça. C'est de l'extérieure qu'elle impressionne. En réalité elle n'a pas la moitié les classes de l'INDA mais possède un grand auditorium et un immense gymnase. Elle est récente, l'ancienne école n'a été démolie qu'il y a trois ans et c'est actuellement la quatrième année d'occupation des nouveaux locaux, très ouverts, très lumineux, très spacieux. Il n'y aura pas besoin de faire la circulation dans les couloirs, je crois.

J'ai donc apporté d'abord mes papiers : état de santé, précédents résultats, certificat de résidence. Puis j'ai attendu que mon conseiller m'appelle. Le lendemain, rien. Le surlendemain il m'a quand même appelé (c'était le dernier jour où c'était possible) afin que je vienne poser mes questions et choisir mes cours. Son nom est Joel Simon, la trentaine, sérieux mais sympathique. Lance le connaissait déjà bien qu'il ait mis du temps à s'en rappeler. J'ai appris que je pouvais prendre plusieurs classes pour le même domaine et que le cours de sport n'était qu'une option.

Voilà donc pour quoi j'ai opté :

1. Honors Pre-Calculus : niveau intermédiaire en math, pour ne pas prendre de risque.
2. Psychology : il n'occupe que la moitié de l'année. Il est en couple avec
3. The Sixity's : qui occupe la seconde moitié de l'année.
4. CP Marine Science : y'avait rien d'autre, Earth&Space Science était en conflit avec
5. Honors French Four : la quatrième niveau de français, le plus élevé, pour faire une pause dans la journée.
6. AP Human Geography : les humains et l'environnement, intéressant.
7. Italian I : j'aime pas trop l'espagnol, mais par contre, l'italien est une langue magnifique.
8. AP European History : pour voir comment c'est enseigné aux États-Unis et pour pas se fouler.
9. Honors British Literature : littérature anglaise, parce qu'il n'y avait pas en français, héhé.

Un des 4 ou 5 terrains. Pas le plus grand...

Routine

Les premiers jours dans ce nouveau pays se passent vraiment bien. Lance me réveille chaque jour de plus en plus tôt pour que je m'habitue aux futurs horaires scolaires (c'est-à-dire se lever à 6h du matin pour prendre le school bus à 7h), je prends de longues douches dans ma propre salle de bain qui le devient de moins en moins, je bois mon café de la taille d'un petit étang tous les matins avec sa dose de sucre, et puis je me laisse aller à ces derniers jours de vacances. Je discute, regarde la TV, check mon Facebook, sors visiter la ville, manger au restaurant, faire des courses, rencontrer des gens.

On a déjà reçu Rob, le meilleur ami de Lance et David. Un type énorme énormément drôle qui, comme ils disent, a un sens de l'humour spécial et bien à lui. Il dit d'ailleurs de lui-même qu'il n'est pas PC (politically correct), ce qui, pour ce que j'ai pu comprendre de ses phrases rapides et hachées, est vrai. Entre nous c'est l'entente cordiale : il a bien daigné attendre mes dix-huit ans pour m'en coller une !

Il était dans un canapé, étalé en lisant le National Geographic, quand soudain :
Rob - Oh my God !
Lance - Quoi ?
Lucas - C'est probablement un miroir.
Lance - hahaha !
Rob - Qu'est-ce qu'il a dit ?
Lance - Que c'était probablement un miroir !
Rob - Lucas, t'as quel âge ?
Lucas - 17.
Rob - Donc tu vas avoir 18 cette année, ouais ?
Lucas - Mmh.
Rob - Je peux attendre pour t'en foutre une.

Par la même occasion, on a déjà été manger deux fois chez la belle-mère de Dave, Linda, et son beau-père, Jim. Elle cuisine bien, et sa petite maison est typiquement américain, dans un quartier qui l'est tout autant : des maison préfabriquées, de plein-pied, petite véranda, petite terrasse, drapeau américain. Jim quant à lui est un républicain très conservateur qui vote Obama. Après explications, il s'avère que ce n'est pas contradictoire mais néanmoins étrange, comme son rire - et celui de Rob, d'ailleurs.

Hier on a été à Dover, capitale de l'État célèbre pour sa base aérienne qui accueille des soldats (morts) à leur retour des fronts que mène la glorieuse Amérique partout dans le monde et ses trucs atomiques au cas où la Chine ou un pays communiste déclare la guerre à la patrie. Pour nous pauvres civils, Dover est intéressant pour ses centres commerciaux, le Target par exemple. J'ai été voir différents magasins pour un iPhone mais pas moyen d'en acheter un sans être forcé de prendre un putain d'abonnement de deux ans à l'une de leur compagnie à la con. M'enfin, ça ne me décourage pas. Acheter un iPhone ici plutôt qu'en Europe c'est économiser 400€. Et encore, les anciens modèles sont encore moins chers. $99 l'iPhone 3GS, et $199 celui que je veux, l'iPhone 4S 32GB. Comme dirait Cyprien, "On se fout de votre gueule. Littéralement." Cest aussi à Dover que Ashe va chez le dentiste. J'ai d'ailleurs pu savourer l'art vestimentaire américain dans la salle d'attente. Le type avait un bide rond, et pourtant, il n'hésite pas à porter un vêtement quadrillé. Ça fait pas un peu mappemonde ?



Hier soir les amis de Ashe sont venus, Jason l'athlète, un afro immense qui joue au football américain pour l'équipe de l'école, et Haven (orthographe approximative), un Aryen typique musicien. On a discuté, c'était sympa, devant Call of Duty Black Ops et une tuerie de zombies nazis j'ai bien ris. Aujourd'hui, on a nettoyé le jardin, remplacé des plantes et arraché des mauvaises herbes pour le barbecue de lundi, officiellement le dernier jour de l'été en Amérique. Parce que actuellement, vendredi-samedi-dimanche-lundi c'est les Labour Days, un congé occasionné par la fin de l'été et la reprise du boulot pour tout le monde (y compris moi). Du coup Lance et Dave invitent une quinzaine d'amis et leurs familles pour un barbecue, c'est sympa. Il y a la place, en tout cas. J'ai ainsi pu repiquer des plantes et arranger le Bird Bath, le bain des oiseaux, avec des galets et de l'eau, c'était joli. J'ai réussi à créer des bulles collées aux cailloux au fond de l'eau, c'est joli. Après ça et comme chaque samedi, on a été dîner chez Moe, un restaurant mexicain. Burritos, nachos... C'était bon et gras, comme le Burger King d'hier ! Mais qu'ils étaient bons, ces deux double Whopper. Ça m'a assommé, pire qu'une mitraillette avant un cours d'Histoire. J'ai somnolé toute l'après-midi et j'ai rien mangé au soir, c'était too much.

À droite le coca normal pour un Américain. Et en plus de ça, quand t'en as plus ils te reserve gratuitement !

Ne vous fiez pas à la couler du ciel, ici il fait 27°C, et c'est le jour le moins chaud depuis que je suis arrivé.
À propos de ciel et de température, il fait pas bon passer du temps dehors. Enfin, si, mais pas pour moi. Il fait beaucoup trop humide. La chaleur ça va, mais le Delaware c'est beaucoup de marais, donc certes chaud mais humide à fond. D'ailleurs en parlant de marais, je m'assieds dix minutes dehors, hier soir, et ça a été suffisant pour que je me chope quatre piqures de moustique. Mais Dieu que le soir était beau ! La lune était d'un orange magnifique et la température idéale. Après ça je me suis réfugié à l'abri des moustiques dans la maison réfrigérée et j'ai regardé deux autres épisodes de Lie to me dans ma chambre - qui est actuellement en travaux pour cause de barre qui fait pas dans le dos quand je dors.